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CASSINI Jean Dominique La
découverte du premier et
du second satellite de Saturne, qui ont esté découverts les derniers,
a esté faite par les verres excellents que Mr Gampani a travaillé à
Rome, et envoyé à l'Observatoire par ordre de Sa Majesté. >> Par un de 100 et un de 136 pieds, et ensuite par un de 70
et un de
90. Je
m'en servois au mois de mars de l'an 1684 sans tuyau mettant sur
l'Observatoire celuy qui estoît d'une telle partée, qui estant exposé
à Saturne à son passage par le Méridien partoit son foyer à l'hauteur
de l'oeil placé dans la cour inférieure du costé de Septenotrion. Ce
que je trouvois par le calcul. »
Je fis un pupitre de la largeur de la fente qui a esté faite pour cette
sorte d'observation à la tour orientale, de sorte qu'il y entroit à
force, et que y estant mis à l'hauteur que le calcul demandoit, il y
demeurast sans pouvoir estre en aucune façon ébranlé du vent auquel
l'Observatoire est exposé. Le plan de ce pupitre qui estoît percé d'une ouverture proportionnée
au verre qu'on y mettoit dessus estoit incliné à l'horizon autant
qu'il falloit pour recevoir les rayons de Saturne perpendiculairement.
L'objectif estant ainsi placé, on se mettoit avec l'oculaire dans la
cour, lorsque Saturne aprochoit du méridien, en ligne droite entre Saturne et l'objectif pour trouver son foier. Comme ce/à estoit difficile
au commencement, on recevait l'image de Saturne sur un carton quarré,
et la conduisant à un des angles, on l'apliquoit à l'oculaire, qui
estoit placé sur un support de sorte qu'il se pouvait
hausser et baisser, et transporter horizontalement avec facilité; alors
on apliquait l'oeil à l'oculaire, que l'on dirigeait plus exactement à
l'astre. - - On pouvait voir fort distinctement
un quart d'heure avant
et un quart d'heure après le passage par le méridien l'objectif
demeurant immobilc et ne transportant que l'oculaire. >>
Après s'estre exercé dans cette manière d'observer, on commença à
donner un mouvement
horizontal et un vertical au pupitre et on mit à la fin sur un crie
pour l'hausser et baisse et suivre l'Astre plus longtemps, faisant
faire une partie de la variation de la hauteur à l'objectif, une autre
à l'oculaire, que nous mismes ensuite sur une pique dressée sur un pied,
sur lequel il glisse aisément et s'arrest quand on veut par un rcssort
qu'y s'apli que. Après
avoir reussi aux abservations faites au passage des Astres par le méridien,
qui sont les plus faciles à cause du peu de variation de l'hauteur qui
s'y fait en un assez long espace de temps, nous commençasmes d'observer
aussi aux autres hauteurs placeant l'objectif tantost sur l'Observatoire,
tantost sur le mas de la grande Lunete, et tantost sur la grande tour de
bois de 120
pieds
d'hauteur que Sa Majesté a fait transporter à cet usage de Marly sur la
terrasse de l'Observatoire ." Questions
de réflexion. Pistes possibles. 1.
De quel Observatoire parle t-on et quel est le souverain dont on
parle ? 2.
Combien de satellites connaissaient-on de Saturne à l’époque de
la lettre ? Qui
est l’auteur de leur découverte ? 3.
Quel est le calcul nécessaire à l’orientation du pupitre ?
Celui nécessaire à la recherche du foyer ? Quelles sont les
distances focales utilisées ? 4.
Quel est le champ de visibilité de la lunette utilisée ? 5.
Schématiser le dispositif permettant l’observation. 6.
Légendez la gravure historique fournie. 7.
Vérifiez la présence des astres visés au moment de
l’observation à l’aide d’un logiciel de planétarium.
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